Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.


 

 

Baudelaire est un poète français du XIXème précurseur du symbolisme etZzzzzet il faut savoir qu’il a attrapé la syphilis en fréquentant des prostituésBen oui, faut l’savoir. En effet. C’est étrange ce goût morbide qu’ils ont pour les petits tracas vénériens des poètes. Un petit topo sur les préservatifs d’ « à l’époque ». Boyaux de moutons ? Vessies de poisson ? Non, tant pis. Tiens, c’est une idée ça…Penser à acheter des capotes pour la prochaine session. Taille XL. M’en mettrai une sur la tête. Non ? Deux, on n’est jamais trop prudent…alors le Poète est dans une marmite???... « couvercle », « cercle » de l’horizonUn cauchemar, ça doit être un cauchemar…Baudelaire dans une marmite. Les cannibales autour, avec des os dans le nez. Des cris atroces. Ils vont me bouffer…Non ! Un rêve. C’est ça. Je rêve. Je suis dans une marmite, je ferme le couvercle au-dessus de moi. Ça y est. Je n’entends plus rien. Persil dans les oreilles. Bloup, bloup. Je flotte. Au milieu des carottes, chouchoux, navets,…Le bonheur. C’est chaud. Je ne sens plus mon corps…Je suis un légume…Bloup…bloup…A petits bouillons…je nage dans le potage…Baudelaire était fou !...Merde ! Le couvercle !... « araignées »?...Ne dit-on pas « avoir une araignée au plafond (pourris) » ? Hein ?...Fou, c’est ça. Ils veulent nous rendre dingues. Un complot du Ministère. Qu’on finisse tous dingues, à l’asile. Des tas de profs en camisole. Au milieu des carottes. On récitera du Baudelaire. Y nous donnerons du potage. Économies budgétaires…D’ailleurs, il a des hallucinations. C’est à cause de l’opium !...Oui…de l’opium. Beaucoup d’opium. C’est ça qu’il faut demander. On regarderait les volutes s’en aller au plafond – non, pas les araignées – et puis on y lirait une note. Une musique céleste s’échapperait de leur bouche. Là tout n’est qu’ordre…d’ailleurs les cloches ! …Dingue, dingue…les cloches, ça « saute » pas ! Hein ? Ça « HURLE » pas non plus ! Hein ?...Moins fort, pitié, moins fort…des cloches…des cloches qui sautent…à cloche pied…faire sauter les cloches. Je vais tous les FAIRE SAUTER !! BOUM ! Qu’on en finisse. Éparpillés, façon puzzle. Faire péter le couvercle…Ça finira en ratatouille…Et pis, y « plante » un drapeau, comme un alpiniste sur une montagneC’est ça…ça doit être le sommet, l’apogée, le bouquet final…on a atteint le sommet, le summum même…De l’air ! J’ai plus d’air ! C’est l’altitude…Tout est noir…l’espace, le vide. On est en orbite, ça y est. Je vais tourner jusqu’à la fin des temps. Des carottes spatiales…des marmites volantes…et des cloches, des cloches à l’infini qui sonnent en silence…Dingue, dingue, dingue…